Elle nedge sur mes sentiments

Blog de sylvainlemomo :Domaine des Territoires du Tsiou de L'Aoûta., Elle nedge sur mes sentiments

La Petite Nedje danse sur mon vague à l’âme.

Toulouse .novembre 1999


Ce soir-là, une fois de plus je n’étais pas rentré.
Il est vrai en y pensant que rien ni personne ne obligeait maintenant. C’était un mercredi et ce soir comme tant d’autre ils n’étaient plus à la maison.
Alexandre, mon aîné habitait maintenant en semaine à Brive ou il faisait sa première année d’école d’infirmier.
Sabine m’avait téléphoné ce matin pour me dire qu’elle n’était pas chez elle et qu’il fallait que je m’occupe de Coralie ma fille cadette
Coralie avait son entraînement de Gym Pilate et elle m’avait dit qu’elle allait dormir chez sa mère et que de toute façon malgré ce qu’elle disait, elle pouvait se débrouiller seule pour bouffer
Je lui avais dit de ne pas en parler à sa mère que je ne me prenne pas une nouvelle cartouche..
J’avais appris par José mon ex beau frère qu’elle présentait ce soir son nouveau mec, le docteur député vert et son ex-psychanalyste la-con-enien à ses soeurs et son frère.
Grand bien lui fasse.
Ce soir allait définitivement marquer mon exclusion de leur famille.
Elle m’avait accordé un répit de six mois pour me mettre de l’argent de coté et dégager de la maison.
Elle avait préparer seule « son » divorce avec son avocate, qu’elle voulait que je signe à l’amiable.
Je n’avais pas les forces financières ni psychologiques à me livrer à un éventuel combat
J’espère que mes graines d’anar allaient fusiller en plein vol son cornard de verdâtre quand elle leur présenterait
Ce soir-là, je devais me rendre à une réunion du comité Chiapas au Clandé vers huit heures comme tous les mercredis soirs en allant chercher Alain Le Petit, mais nous verosque je ne le fis pas.
J’essayais de me trouver une activité par soir pour ne pas rentrer délaisse dans notre appartement avant minuit et ne pas me choper le spleen d’un repas seul ou mal accompagné et engueulé pour tout et rien par ma future ex devant ma fille Coralie qui n’y comprenais plus rien et commençais à filer un mauvais coton. C’est à ce moment qu’elle a commencer à faire la conne au bahut

Cet après-midi, la petite Nedje, fille de Dihya* était venue me présenter sa grand-mère au bureau de Poste de Toulouse R.P.
Elle avait dit à sa grand-mère en me présentant :
- tu vois, c’est lui Sylvain le copain de maman.
Je leur rendis un large sourire en serrant la main de la grand-mère de Nedje et en envoyant un bisou volatil sur le nez de Nedge.
Elle était mignonne cette petite.
Quand elles partirent, je me suis levé pour aller prendre ma pause avec Michelle ma confidente et je lui relatais la situation.
Dihya sa mère avait débarqué dans ma vie au cours d’une de ces grandes grèves des années 90’ ou elle avait prise l’initiative d’une rencontre avec moi.
Nos premières rencontrent m’avait détricoter la libido.
Je restais baba devant cette apparition, de Nedje.
Qu’avait-elle derrière la tête concernant ma relation avec sa mère.
Michelle me dit :
- ne t’occupe pas de cela pour l’instant, fais moi en plaisir et rends moi en grâce. Occupe-toi pour l’instant de ton divorce. Si ça ne va pas passe à la maison, Félix sera comptant de te revoir. Je te dois bien cela toi qui m'as sauvé de toutes les relations amoureuses dans lesquelles je me mettais inconsciemment.
Dans l’ascenseur, je me mis à pleurer longuement, elle me prit dans ses bras en mes serrant bien fort :
- C’est rien Sylvain, juste un mauvais moment à passer et je sais que tu assez de force en toi pour te reconstruire.
Nous rentrions au guichet main dans la main, les collègues de l’arrière en nous voyant allaient encore fantasmer je ne sais quoi sur notre relation, mais il n’y avait rien entre nous, c’était simplement ma véritable amie du moment.
Quand je sortis du bureau à spet heures, le ciel était gris et la neige était fine.
Ce soir j’avais de la nedje qui dansait sur mon vague à âme.
Je me dirigeais vers la place du Capitole pour aller rejoindre le Florida ou servait mon copain Jacques.
Je m'assis à une table près de jeunes étudiantes qui me jetèrent des regards pétillants.
Je crus comprendre grâce à mon anglais approximatif qu’elles disaient que je devais être cette sorte de vieux frenchie prédateur mais malgré tout charmant. Peut être une occasion pour une relation furtive.
Je leur rendis un sourire poli.
Jacques arriva en me disant que j’avais une drôle de gueule et me dit de me méfier des jeunes anglaises. Il voyait leur manège et elles cherchaient à ce faire du vieux :
- tu sais, ce n’est pas pour toi dans ta situation, ne fait pas le con, mon gamin
Jacques m’avait toujours appelé sont gamin, alors qu’il était plus jeune que moi.
Nous sortions souvent ensemble, ses jours de relâche pour aller voir des concerts de rock au Bikini ou ailleurs
Il prit ma commande ;
- double Tequila sel dis-je en espérant par la embrumer mon esprit et ne plus penser à rien
- Avec ton citron vert et tes olives ? t’es en forme ?
- Tu sais bien me traiter mon salaud
- On ne traite bien que les bons clients, surtout lorsque ce sont de vrais amis, gamin.
Il m’apporta ma commande puis disparut dans l’autre salle ou au bar attendaient des pocherons de services.
Une des anglaises, rousse avec de belles taches de rousse se pencha vers moi et me dit avec un français approximatif :
- vous vouloir venir manger cher nous, habitons rue de Rémusat, nous avons bonnes bières, hachisch et de quoi écouter de la musique celtique.
- Go on for the Celtic , music, les impressionnère je finis ma tequila d’un coup sec et me leva pour les suivre, elles paillaient et rigolaient en anglais.
Arrivé chez elle, je fis le tour de l’appartement, un grand loft avec quatre chambres sympathiques.
Elle s’étaient réfugiée en cuisine pour préparer une grosse salade composée.
Je m’approchais de la platine et mis un disque au hasard, c’était du bon, du rock celtique radical.
La blonde sortit de la cuisine avec une bouteille de Chivas, deux verres et un pack de Guiness .
Elle me servit en disant : very good music, you know.
Yes sister répondis-je.
On mangea la salade assit au sol en buvant de la guiness et en faisant tourner les pétards.
Les regards des filles se firent langoureux, les deux plus jeunes ne tinrent pas longtemps la distance et allèrent se coucher.
Je restais avec Jude la blonde, et Amélia la rousse en continuant à écouter la zique et en nous mettant à danser. Je passais de l’une à l’autre dans des rocks torrides et endiablés.
Au bout d’un moment elle m’entraînèrent dans une chambre. On se déshabilla en rigolant, elle voulurent me mettre ensemble un préservatif qu’elle prirent dont une boite traînant sur une commode. Le lit était large, au dessus d’un 140 .
La suite fut adaptée à ce genre de situation pendant deux, trois heures et nous nous endormirent les uns sur les autres.
Cela m’avait défoulé et fait un bien énorme.
Je me leva à 5 heures du matin, j’allais boire un café à Victor Hugo en attendant la reprise de mon boulot.
Tout en sirotant mon café, je me dis qu’il fallait que je m’occupe de Dihya mais cela me sembla compliqué au vus de nos premières rencontres.
Quel signal m’avait envoyé Nedge ?
Que cherchait-elle ? La vérité ne sortait-elle pas de la bouche des enfants qui comprennent ce qu’on occultés leur parents.
Francis débarqua avec Michelle :
- tu paye ton café mec, je crois que tu en besoin d’un autre avec l’haleine de chacal que tu tiens. Ils s’y connaissait le bougre.
Michelle se pencha pour m’embrasser en me demandant si je m’étais bien remis :
- Tant fait pas, j’ai compensé, je te raconterais
Bref, je ne revis plus les anglaises, mais je continuais à voir Dihya la belle sauvageonne berbère dont j’allais m’occuper.

Sylvainlemomo@artblog.fr Editions du Territoire du Tsiou de L’Aouta

Finie le 07/02/13 21:56:57

* Kahena (signifiant "prêtresse" , "devineresse" en arabe), de son vrai nom Dihya ou Damya (en tifinagh : ?????), est une reine guerrière berbère zénète des Aurès qui combattit les Omeyyades lors de l'expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle.
Plusieurs femmes ont écrit des romans sur la Kahena au XXe siècle et plusieurs penseurs disent que c'est une des premières féministes bien avant le Moyen Âge1 et une des premières reines guerrières de l'Histoire.
De nombreux auteurs la considèrent comme juive2,3, d'autres comme chrétienne4 et Ibn Khaldoun lui attribue des pouvoirs surnaturels

 

mardi 04 février 2014 15:46 , dans Lectures en direct


Houlala les genoux

 

Houlala les genoux

 

Toulouse, le 30 décembre 2013;

 

                    Plus rien n’allait « plus comme avant », comme dans le titre de la chanson que j’avais écrite à Michel pour son album « j’ai deux maisons ».

Surtout depuis que je m'étais fait casser les genoux par la mafia albanaise.

Ils me les avaient pétés parce qu’avec le Centre Social Autogéré on s’occupe des Roumains et des Bulgares qui bossent en face de chez moi sur le chantier du projet pharaonique de l’ancien maire de Toulouse, sur l’ancienne piste où décollaient Mermoz, Guillaumet et Saint-Exupéry. Le frère de mon grand-père était mécano de Mermoz mais ça vous en avez peut-être rien à foutre.

De fait, l’ancien maire, mon ami Jean-Luc Moudenc, me roulait toujours une pelle chaque fois qu’il me rencontrait. Je dis cela parce que mon fils était sorti avec sa fille quand il était au lycée. Dans les réunions officielles, il venait toujours me serrer la B...., non ma main, ce qui foutait les boules à notre nouveau maire Pierre Cohen qui aussitôt venait me serrer lui aussi les C........, non les mains.

J'étais connu dans le quartier. Je n'avais pas besoin de faire la queue ni de la leur tenir pour aller à la rencontre de nos chers élus et leur cirer les godasses.

Bref, c’était donc notre cher Jean-Luc qui était à l’origine de cette grosse merde immobilière et là, Pierre avait du se débrouiller avec, vu qu’il lui avait piqué la mairie.

Le promoteur immobilier était Kaufman and Broad, des Américains sans doute. Le maître d’œuvre Bouygues avait sous-traité les travaux à une entreprise polonaise qui avait fait venir sur le chantier des Roumains et des Bulgares.

Et vas-y qu'ils se débrouillent à squatter les usines désaffectées du coin ou de foutre des caravanes sur les terrains vagues qui longent les chantiers où ils bossent.

Deux fois ce connard de préfet les a fait virer de nuit par le G.I.G.N. On entendait les hélicos au-dessus de la résidence. Nous avons a été quelques-uns à sortir pour voir le spectacle. Ils avaient des putains de lumières aveuglantes comme dans les séries policières. On a cru comme des cons que c’étaient les russes qui attaquaient.

Que nenni, c’était pour choper les Roumains comme des lapins. On l’a su le lendemain en achetant la Dépêche journal régional collabo de droite comme de gauche.

De jeunes activistes ont fondé la C.R.E.A, centre social autogéré pour reloger ces familles roumaines et bulgares à l’ancienne A.F.P.A à côté de mon boulot,le bureau de poste du Pont des Demoiselles.

Je suis vite devenu pote avec plusieurs familles originaires de Blaj, en Roumanie, qui venaient envoyer l’argent gagné au pays par la Western Union et qui m’invitaient régulièrement à bouffer au squat.

C’est là que j’ai dû me faire remarquer. Un soir en sortant du boulot à 19h30, avec mon pote Hervé le marseillais, on est allé se faire une ligne de Ricard au bistrot du coin. En léger état d’ébriété je suis rentré a pied à la maison et c’est là qu’ils me sont tombés dessus. A coup de battes de baseball ils m’ont pété les genoux. J’ai de suite compris que c'étaient des Albanais car j'ai fait albanais en 5ème langue au lycée. Quand j’ai porté plainte à la Police, ils m’ont pris pour un mytho.

Ils m’ont dit que les Albanais n’étaient que sur Marseille, « Vous n’auriez pas confondu avec des Roms ou des Bulgares ? Il y en a plein derrière chez vous », m’a dit la capitaine qui prenait ma déclaration, taquine.

Bref, j’ai compris que j’avais été repéré et que c’était peut-être un coup de la D.C.R.I.

J’ai donc décidé de me calmer, de me remettre à la lecture et de me ré-inscrire à la Bibliothèque Cannabis pour casser la gueule à Patrick et emprunter pour commencer Q.H.S de Roger Knopelpies, un ami Facebook, «Apprendre le Berbère» et un livre sur les Navajos car mon arrière grand-mère était d’origine indienne (Cf le livre Mille Femmes).

Bref le 30/12/2013 à 9h30 je mets mes genouillères et me dirige à pied et par métro vers la bibliothèque Bacannis. J’avais tout prévu : quittance EDF, de loyer, pièce d’identité et là Bonjour la stupeur.

Saleha m'avait dit qu'à Matabiau, la station de métro proche de la médiathèque, il n'y avait que des escalators partout. Je fus donc plein de joie de me diriger vers elle.

Et là malheur : lorsque je franchis le portail qui mène à la médiathèque, je vis deux énormes escaliers en béton. Je me dis « tu vas en chier mon tchiot gars ». Oui je m'appelle comme ça quand je me parle à moi même. Je gravis les escaliers avec peine en regardant les jeunes cons les monter quatre à quatre sans s’arrêter pour m'aider. « Tu peux crever sale vieux con ». Ils en avaient rien à pisser.

Enfin j'arrivai au sommet et là devant la porte j'appris à mes dépends que la médiathèque était fermée pendant quinze jours pour les fêtes. Je me dis « bande de fainéants ». Je me souviens que mes amis de la C.N.T. avaient animé une grève à l'ouverture de la médiathèque. Ils ont donc dû remporter de nouveaux droits. Tant mieux pour eux et tant pis pour moi.

Là je me dis « mon gachoun ( je m'appelle comme ça des fois aussi), il va falloir que tu redescendes à pied. Houlala les genoux ! »

dimanche 19 janvier 2014 07:33 , dans Lectures en direct


Sylvain le mômo, fils de Raoul Tonton Flingueur de Montauban suivait à la trace les Bérus

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LES BERURIERS NOIRS

      1986 ! Et le rock devint... alternatif.

En ce début d'année 1986, on peut dire que le "troupeau d'Rock" Béru est formé! Composé de Fanfan au chant, Loran à la guitare, Helno et Laul, acrobates-choristes et les deux titis, danseuses étoiles et choristes agitées. Nous rejoint Pascal Kung-Fou à mi-temps au saxo, Lulu notre éclairagiste éclairé et l'inévitable Marsu, propagandiste du groupe et du label Bondage Records. Le 23 février 86 l'émission rock de J.L. Janeir "Décibels" diffuse "Commando Pernod", Snuff en Rambo des HLM, quelques punks et skins de Pontault (les derniers et les meilleurs) pour la plupart de bons ami(e)s au groupe (Julien, Mayliss, etc...).................... et Sylvain le Mômo le petit agité qui traînait dans les squats sans être dans la bande né à Bruniquel, fils de Raoul le Tonton Flingeur de Montauban qui fit le vidéo clip « Hélène et le Sang » qui ne sera jamais diffusé - Auto-censure et destruction.à la Arthaud.

Ce passage télé, en fait le véritable 1er passage des Bérus à la télé avec mini-interview a eu un impact certain sur la jeunesse. La France découvrait qu'il existait un rock différent, marginal, ne marchant pas dans les combines du Top 50 et du Show-biz et surtout... populaire ! Plébiscité par une partie de la jeunesse ! A peu près à la même époque (fin 1985) on avait tourné au squat "L'Usine" à Montreuil pour un reportage des "Enfants du Rock" intitulé "Banlieue Rock" et qui ne sera diffusé qu'en janvier 87 ! L'Usine et l'asso "Rock à l'Usine" sont alors représentatifs du rock marginal, concrétisé par le concert du 22 mars 1986, justement par l'initiative de "Rock à l'Usine", sous chapiteau à l'espace Galliéni. Ensuite une tournée belge est organisée jusqu'au concert de la Mutualité le Jeudi 24 Avril 86 avec plus de 2000 personnes à l'intérieur et quelques centaines de CRS à l'extérieur. Un concert historique à l'image des récents événements: en effet le squat "l'Usine" fut muré le 11 avril 86 et une bataille rangé punks/policiers eu lieu le lendemain alors qu'un concert de la Souris Déglinguée était programmé. Le Squat tombera sous le matraquage policier commençant à Montreuil jusqu'au Forum des Halles où les CRS feront la chasse aux punks ! Ainsi c'est dans une ambiance d'extrême tension que se déroule le concert de la Mutu ce 24 avril 86. en fait l'explosion est née de la rue et les médias l'ont retracé sur papier. A partir de la mi-86, on assiste à une recrudescence des articles sur le mouvement qui secoue le rock marginal, on parle alors de mouvement "alternatif", le mot est lâché et mis à toutes les sauces. Rock marginal et occulté par les médias depuis 6 ans (de 1980 à 1986) le rock devient "alternatif" et BN fer de lance d'un mouvement propulsé par les articles de presse. Actuel y consacre un long article en mai 86 ("Déconnez-pas avec les squats !"), Best un long article sur le groupe suivi en tournée ("Joyeux Merdier") en juillet 86. En fait la presse aperçoit qu'il existe un rock populaire hors du circuit traditionnel. L'année 86 marque aussi la politisation du "mouvement" déjà latente. Sorti de la marginalité du rock rebelle, le rock "alternatif" défend les valeurs à gauche d'une jeunesse lassée par le ronron de Tonton et la cohabitation; l'anti-racisme, l'anti-fascisme et les sections SCALP sont à la mode. Le climat social en France dégénère et en décembre 86 les lycéens manifestent. On connaît la suite. La mort de Malik Oussekine et le climat de tension qui règne. A ce moment là les BN terminent l'année avec un concert lui aussi important parce que collant à la réalité du moment, le concert à l'Elysée Montmartre le 4 décembre 86 se déroulant en même temps que les manifs lycéennes /étudiantes. La salle est comble et très chaude. Un concert-chaos où le groupe devient une force, un mouvement à lui seul. Un des derniers concerts de l'année sera les Transmusicales de Rennes le 14 décembre 86, une soirée "Fiesta Bérurière" réunissant le fleuron de ce rock alternatif. Après une tournée française-belge et suisse de 47 concerts, l'année 86 se termine dans une ambiance d'anarchie sociale à l'image de ce dicton Bérurier figurant sur le Maxi 45t Joyeux Merdier: "C'est dans les moments de grand Merdier qui fleurit la Solidarité". Parallèlement à ces instants d'agitation sort le 45t "l'Empereur Tomato-Ketchup" en hommage au cinéaste japonais Shujï Terayama décédé en 1983. Véritable hymne à la Rébellion, programmé à NRJ (mais hors du Top NRJ) radio à l'écoute de la jeunesse par la force des choses et par intérêt publicitaire, le titre l'Empereur Tomato-Ketchup va rentrer en force dans les foyers et surtout dans les lycées. Quel paradoxe ! Un groupe qui crache sur le système, récupéré par la radio la plus en vogue et une bonne partie du succès des Bérus repose sur ce paradoxe. A la fois les médias ne pouvaient plus ignorer un groupe devenu populaire à force des concerts-combats gagnés à l'arrachée et à la fois ce sont les médias qui ont institutionnalisé en quelque sorte le rock alternatif en en faisant une mode dont les répercutions se font sentir dans les lycées. Le groupe et ses exploits sont suivis de près par les RG et la pression médiatique se fait de plus en plus forte. BN est un phénomène qui intéresse jusqu'aux agences publicitaires qui y consacrent des articles dans la presse spécialisée ! A titre d'info on signalera le Dossier de Presse Officiel 86 ("A bien marrer hier souar") tiré à 500 exemplaires archi-épuisé, 1er recueil important sur le groupe, rédigé, composé par le groupe lui-même.
1987 DROLE DE GREVE. L'année 87 débute par des concerts en Pontoise en banlieue parisienne et surtout à Bayonne dans le fief des basques français indépendantistes surveillé par la gendarmerie locale. Il est clair que la popularité des BN dérange et que malgré la récupération médiatique le rock est "subversif" ! L'émission "Les Enfants du Rock" diffuse "Banlieue Rock" reportage sur l'Usine fermée 9 mois plus tôt. Le spectre des manifs lycéennes plane encore sur ce début d'année. Actuel sort un article important sur le groupe en mars 87 ("Ils trouvent 1000 fans dans chaque bled") et l'événement marquant de l'année sera sans doute le concert au printemps de Bourges à 50 francs le 23 avril 87 où il faut bien le dire le groupe s'est fait arnaquer. C'est d'ailleurs la goutte qui va faire déborder le vase. La pression médiatique, Béru propulsé comme fer de lance et une réalité beaucoup plus terre à terre (faibles cachets de concert, galères de transport dans toutes les tournées, mauvaise bouffe) vont concourir à dégrader les rapports dans le groupe. L'album "Abracadaboum" sort en juin 87 en pleine grève bérurière, "Best" y consacre sa couverture de juillet 87. Un album à l'écoute d'une génération qui a envie que ça bouge. Des textes comme "Et Hop!"ou "Descendons dans la rue" sont assez représentatifs du climat de l'époque. La jeunesse écoute ce qu'elle veut entendre, de "l'Empereur Tomato-Ketchup" en passant par "Vie de Singe, Nuit Apache, Jim-la-Jungle" tout y passe... la société de consommation, l'armée, les Apaches urbains... On peut lire sur la pochette "Attention ce disque est séro-positif. Sida Mental production 87 Bérurier Noir est mort ! Vive Bérurier Noir". En fait c'est le premier disque de la troupe et aussi le dernier. Tous les membres y apparaissent en médaillon posthume: Loran, Fanfan, Bol et Helno, les 2 titis et Masto, le saxo des premières années (83-84) qui a rejoint le groupe. Après six mois de grève de concerts Laul envoie sa lettre de démission du groupe ("Avis à la propulsion") publiée dans le bulletin d'info du groupe nouvellement crée, "le Mouvement de la Jeunesse" (Nº 2/3 oct. 87) et la grande Titi quitte le groupe pour des plus doux horizons après le concert du 29 nov. 87. Une page est tournée et si le Troupeau d'Rock n'est plus, la base musicale du groupe (Fanfan, Loran et Masto) continue fière de sa nouvelle jeunesse. Le MDLJ est là pour témoigner les nouvelles aventures du groupe et pour contrecarrer aux articles de la grande presse nous mijotant à la sauce-maison. Les articles à l'étranger sur le rock alternatif français prennent le relais (Suisse, Italie, Allemagne, Grande Bretagne...), tout le monde s'y met ! On retiendra de cette année 87 le passage télé du groupe à "Décibels" avec les titres "Et Hop!" et "S.O.S", mis en scène par le groupe, tournés et montés en 2 jours, diffusés en Août 87 sur FR3.
1988 L'ANNEE DE TOUS LES DANGERS. Une année qui débute avec l'ouverture de la boutique Bondage inaugurée le 7 décembre dernier auquel le groupe était opposé, préférant un lieu de rencontres plutôt qu'une boutique de collectors. Les tensions avec le label Bondage se font sentir dès la sortie de "Abracadaboum" sur lequel le groupe refuse d'y mettre le logo "Bondage Rec." préférant y mettre son propre logo "Folklore de la Zone Mondiale". Le groupe se pose des questions quant 1a rester sur bondage... mais ça ne reste que des questions. Après quelques concerts le groupe arrive au Top avec le concert au Zénith réunissant 6 800 personnes, explosant les normes de sécurité fixée à 6 600 . Un mega concert avec le groupe basque Kortatu, des graffiteur et ben d'autres associations. Filmé par l'équipe de François Bergeron pour "Vu à la télé", la retransmission du concert entrecoupé d'interviews sera pour les "Enfants du Rock". Un document de 30 minutes en concert diffusé le 16 avril 88 sur A2. Les Bérus invitent pour la cause un magicien et intègrent deux nouveaux membres: Jojo le cracheur de feu et Micky l'heureux-rasien acrobate, déjà présent au concert de la mutu en 86. L'entrée du Zénith pullule de stands politiques, le Scalp, des associations de prisonniers, des groupes libertaires tiennent leur table de presse. Les RG s'intéressent de plus en plus au groupe, ce qui aboutit en avril 88 par l'affaire "Black War". Reprenons les faits: le dimanche 17 avril 88 une bombe artisanale explose devant la porte du président de la chambre régionale des huissiers, rue Tiquetonne. L'attentat est revendiqué par le groupe Black War en protestation contre les expulsions et les saisies. Deux habitants de l'immeuble qui se trouvaient dans la cage de l'escalier sont grièvement blessés suite à cet attentat, la police qui piétine dans son enquête opère une rafle de 24 personnes le 21 avril à l'aube: les personnes interpellées sont souvent d'anciens militants fichés depuis longtemps par les RG et proches du milieu Automne: rédacteurs et membres des journaux "Contre, Reflexes, Nuits Calines, Cavales" et APAD, de l'émission Parloir libre et autres militants proches des squatteurs. Appartements saccagés, perquisitions, récupération de carnets d'adresse, des photos personnelles, des tracts, d'archives, le passage des flics est fracassant. Parmi les interpellés se trouvent deux ou trois membres du service d'ordre Bérurier Noir. La tentation est trop grande, constatant les liens des journaux et militants interpellés avec Bérurier Noir, nombre journalistes en profitent pour donner dans le scandaleux, croyant être tombé sur le scoop de l'année. Le groupe n'est ni plus ni moins assimilé à un groupe terroriste comme la 2ème génération d'Action Directe. Le Dauphiné libéré du 21 avril 88 titre "L'enquête Black War mène au groupe rock Bérurier Noir !" Mais où est donc le groupe BN qui faisait tant couler d'encre. Et bien le groupe est en tournée en Suisse pour 4 dates et c'est par hasard qu’íl apprend la remue ménage venant de Paris. Pour comprendre cet acharnement policier sur le groupe il faut monter au concert du Zénith du 3 mars 88: ce jour là le groupe fait véritablement un carton, une popularité sans concessions. Et c'est ce qui fait peur aux RG. 6 800 personnes graines de rébellion c'en est trop ! Selon des sources précises le groupe apprend que son passage tapageur au Zénith n'a pas laissé inactif les policiers. Le Zénith doit remettre les plans de la salle et la police étudie un plan d'intervention générale si celle-ci devait avoir lieu dans le futur. Imaginez plutôt un concert bourré à craquer et une intervention massive de CRS au sein même de la salle. Bonjour les dégâts, les délires sécuritaires de la Mairie de Paris peuvent donner des frissons dans le dos; il semble bien qu'un rapport soit remonté jusqu'au Ministère de l’intérieur à cette occasion. Mais ce n'est pas fini: le 20 avril, soit 24 heures avant l'affaire Blac War, le groupe se voit décerner le "Bus d'Acier 88" récompense décernée au meilleur groupe de rock 88 par la rock-critique, le groupe fidèle à lui-même refuse le prix et avec une part de provocation se tire avec, le laisse dans la boîte à outil du camion pendant plus d'un an et part en concert en Suisse dans la nuit du 20 au 21 avril 88 pour un concert à Zurich. Une partie des rock-critiques sont scandalisés, c'est la 1ère fois qu'un groupe refuse le "Bus d'Acier". Le lendemain FR3, TF1 e La 5 diffusent la retransmission de la remise du prix, le groupe le refuse devant les caméras et les reportages se terminent ainsi (BN sont-ils de terroristes ?). Assimilation à Action Directe, qualification de terro-rock, rien n'y manque pour tenter de marginaliser et criminaliser le groupe et tout ceux qui le soutiennent. Dès le samedi 23 avril "Baudruche se dégonfle" et l'ensemble des militants interpellés est relâché sans que la moindre ombre de preuve ou d'éléments susceptibles de faire avancer l'enquête sur Black War ait pu être rapporté. Quelques articles et démentis paraîtront alors mais la majorité des grands journaux, faisant-fi de toute honnêteté, passera sous silence l'échec de l'opération policière. En définitive que reste-t-il de tout cela et qu'en déduire ? Il est clair que Black War est une fabrication policière, un coup monté pour mener à bien ses opérations. Ce n'est pas la première fois que les RG trempent dans ce genre d'affaires proprement scandaleuses. Succès réel pour le groupe puisqu'il a réussi son coup d'esbrouffe et est apparu sans faille par rapport au terrorisme : qu'importent les résultats de l'enquête, pourvu que tous aient su que des gens ont été arrêtés, pourvu que tous aient cru que la police avait démantelé Black War. De même, faisant d'une pierre deux coups, le but second de l'opération était de terroriser le circuit du rock et de la presse, tout en permettant aux services de police de refaire leurs fichiers par le biais des photos, carnets et documents saisis. Mais les pressions des R.G. sur le groupe ne se limiteront pas là, pressions au niveau du travail des membres du groupe, cambriolage, intimidations, sans oublier qu'écoutes téléphoniques et ouverture du courrier sont monnaie courantes chez les RG. Malgré tout ce remue-ménage BN continue son bonhomme de chemin avec une tournée française en mai/juin 88. Début juillet, c'est la sortie du maxi 45t "Ils veulent nous tuer" en référence aux mutinés des taules (cf. "Sur les toits"). Quasiment en même temps sort le 45t "Opération Sampan". Un 45t de soutien aux associations de réfugiés indochinois. Un soutien, concrètement pour donner des fonds aux multiples associations et Organisations Non Gouvernementales sur le terrain comme: Handicap International, Enfants du Meköng, Aide à l'Enfance du Vietnam, École sans frontières... pour n'en citer qu'une partie. A cette occasion le groupe édite un Nº Spécial du "Mouv'ment d'la Jeunesse"(Nº5) sur les Boat People et les Land People (ceux qui fuient par la terre). Pour appuyer la diffusion du 45t, tiré à 7000 exemplaires environ, BN décide de tourner une vidéo du titre "Viêt-Nam Laos Cambodge" en Août 88, avec l'équipe de F.Bergeron. Le tournage du clip lui-même sera filmé et monté en un reportage de 25 minutes environ mais ne passera jamais à la télé. En septembre le clip produit par Média Réflexe est prêt et le groupe part au Québec pour une tournée très attendue en octobre. Le 45t de soutien à la revue libertaire "Noir et Rouge" sort lui aussi en octobre. De retour du Québec, Helno quitte définitivement le groupe pour s'investir dans les Négresses Vertes. Et les accrochages entre Bondage Rec. et BN sont de plus en plus fréquents et de plus en plus virulents. Le groupe décide enfin de s'occuper de ses affaires et de mettre son nez dans les comptes de Bondage. L'année 88 se termine par une crise générale au sein du label qui change de gérant. Marsu, manageur/commissaire politique du groupe et propagandiste de Bondage, a le cul entre deux chaises. Le groupe lui fait comprendre qu'il doit choisir l'une ou l'autre (chaise!) et c'est avec soulagement, pour lui et pour le groupe, qu'il choisit le camp Bondage.Article paru sur, avec une vrai fausse information à trouver et à nous http://berurier.x.noir.free.fr/ : Un site consacré aux Bérus.avec une fausse information sous forme de galéjade à trouver et à nous communiquer pour gagner une des premières parution des Editions du Sylve
1989 Des Institutions du Suicide et de la Réparation. En janvier 89 est constituée une nouvelle troupe Béru composée de Fanfan, Loran, Masto, Laul (qui a réintégré le groupe depuis la tournée québécoise), Titi, Jojo, Lulu, Piérot et Tinouche (sonorisateur), Jean-Mi à la boîte a rythme/sampler, Nounours (road de scène), Valoche ou Cathy (costumières), Micky l'acrobate de temps en temps, et surtout Mich'boul, la nouvelle mascotte du groupe, ramené dans les bagages du Québec. Un nouveau manageur, affublé du doux surnom "3615 Mich'boula", dont le mérite sera d'essayer de coordonner les humeurs de tous les caractériels cités plus haut. Au total 13 personnes prêtes pour une dernière tournée française avec un spectacle rodé et plus "professionnel". Bondage repart en 89 avec plein de promesses pour le groupe. Depuis les premiers accrochages, l'équipe BN a un avocat qui entend bien exprimer haut et fort les désirs du groupe. L'un des premiers est d'avoir un contrat avec le label. En effet depuis 7 ans, le groupe n'a jamais eu de contrats avec Bondage et s'est fait par la confiance réciproque et par contrat moral jusqu'au jour où bondage, en guise de contrat, propose un contrat type de chez Virgin au groupe. Pour un label "alternatif" ils ont fait très fort ! C'est le déclenchement du conflit, le groupe décide de quitter le label avec ses bandes (payées par ses propres royalties) mais le label se déclare propriétaire des matrices et ne veut rien entendre. Afin de récupérer les droits de propriété, BN fait un procès à Bondage Rec., qui va durer de juin à novembre 89 et aboutir à une médiation (un arrengement) entre les deux parties. Le disque "Souvent fauché, toujours marteau", dont le titre est de circonstance, sort en octobre sur bondage qui a avancé le studio. miné par une expérience sur le fil de rasoir pendant 7 ans, le groupe prend la décision d'arrêter en pleine apothéose. Laul, entre temps, a requitté BN le 20 mai 89. Après une seconde tournée au Québec en novembre, c'est l'Olympia pendant 3 jours (9/10/11 novembre); 3 concerts de folie, filmés encore une fois par l'équipe de F.Bergeron, et sortis en vidéo chez Virgin (Forum Distribution) en avril 91, soit un an et demi après la fin du groupe. "Viva Bertaga", titre emprunté à un polar de San Antonio, reste un véritable document/testament de ce suicide final et total. L'histoire des Bérus a été una grande aventure, certes chaotique, mais sincère et vécue à 100%. Au délà des conflits des personnes et de label, chacun a participé à sa manière à cette aventure unique et positive pour un groupe désormais mythique, qui a fait rêver, fait encore rêver et fera rêver toute une partie de la jeunesse. Ce CD lui rend hommage. Qu'elle garde l'espoir !






Commentaires :Le groupe punk français de référence. Musique qui rassemble les agités...
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Liens :http://berurier.x.noir.free.fr/ : Un site consacré aux bérus.

 

vendredi 27 décembre 2013 08:48 , dans Zique and Roll


Sylvain le mômo, fils de Raoul Tonton Flingueur de Montauban suivait à la trace les Bérus

Blog de sylvainlemomo :Domaine des Territoires du Tsiou de L'Aoûta., Sylvain le mômo, fils de Raoul Tonton Flingueur de Montauban suivait à la trace les Bérus

LES BERURIERS NOIRS

      1986 ! Et le rock devint... alternatif.

En ce début d'année 1986, on peut dire que le "troupeau d'Rock" Béru est formé! Composé de Fanfan au chant, Loran à la guitare, Helno et Laul, acrobates-choristes et les deux titis, danseuses étoiles et choristes agitées. Nous rejoint Pascal Kung-Fou à mi-temps au saxo, Lulu notre éclairagiste éclairé et l'inévitable Marsu, propagandiste du groupe et du label Bondage Records. Le 23 février 86 l'émission rock de J.L. Janeir "Décibels" diffuse "Commando Pernod", Snuff en Rambo des HLM, quelques punks et skins de Pontault (les derniers et les meilleurs) pour la plupart de bons ami(e)s au groupe (Julien, Mayliss, etc...).................... et Sylvain le Mômo le petit agité qui traînait dans les squats sans être dans la bande né à Bruniquel, fils de Raoul le Tonton Flingeur de Montauban qui fit le vidéo clip « Hélène et le Sang » qui ne sera jamais diffusé - Auto-censure et destruction.à la Arthaud.

Ce passage télé, en fait le véritable 1er passage des Bérus à la télé avec mini-interview a eu un impact certain sur la jeunesse. La France découvrait qu'il existait un rock différent, marginal, ne marchant pas dans les combines du Top 50 et du Show-biz et surtout... populaire ! Plébiscité par une partie de la jeunesse ! A peu près à la même époque (fin 1985) on avait tourné au squat "L'Usine" à Montreuil pour un reportage des "Enfants du Rock" intitulé "Banlieue Rock" et qui ne sera diffusé qu'en janvier 87 ! L'Usine et l'asso "Rock à l'Usine" sont alors représentatifs du rock marginal, concrétisé par le concert du 22 mars 1986, justement par l'initiative de "Rock à l'Usine", sous chapiteau à l'espace Galliéni. Ensuite une tournée belge est organisée jusqu'au concert de la Mutualité le Jeudi 24 Avril 86 avec plus de 2000 personnes à l'intérieur et quelques centaines de CRS à l'extérieur. Un concert historique à l'image des récents événements: en effet le squat "l'Usine" fut muré le 11 avril 86 et une bataille rangé punks/policiers eu lieu le lendemain alors qu'un concert de la Souris Déglinguée était programmé. Le Squat tombera sous le matraquage policier commençant à Montreuil jusqu'au Forum des Halles où les CRS feront la chasse aux punks ! Ainsi c'est dans une ambiance d'extrême tension que se déroule le concert de la Mutu ce 24 avril 86. en fait l'explosion est née de la rue et les médias l'ont retracé sur papier. A partir de la mi-86, on assiste à une recrudescence des articles sur le mouvement qui secoue le rock marginal, on parle alors de mouvement "alternatif", le mot est lâché et mis à toutes les sauces. Rock marginal et occulté par les médias depuis 6 ans (de 1980 à 1986) le rock devient "alternatif" et BN fer de lance d'un mouvement propulsé par les articles de presse. Actuel y consacre un long article en mai 86 ("Déconnez-pas avec les squats !"), Best un long article sur le groupe suivi en tournée ("Joyeux Merdier") en juillet 86. En fait la presse aperçoit qu'il existe un rock populaire hors du circuit traditionnel. L'année 86 marque aussi la politisation du "mouvement" déjà latente. Sorti de la marginalité du rock rebelle, le rock "alternatif" défend les valeurs à gauche d'une jeunesse lassée par le ronron de Tonton et la cohabitation; l'anti-racisme, l'anti-fascisme et les sections SCALP sont à la mode. Le climat social en France dégénère et en décembre 86 les lycéens manifestent. On connaît la suite. La mort de Malik Oussekine et le climat de tension qui règne. A ce moment là les BN terminent l'année avec un concert lui aussi important parce que collant à la réalité du moment, le concert à l'Elysée Montmartre le 4 décembre 86 se déroulant en même temps que les manifs lycéennes /étudiantes. La salle est comble et très chaude. Un concert-chaos où le groupe devient une force, un mouvement à lui seul. Un des derniers concerts de l'année sera les Transmusicales de Rennes le 14 décembre 86, une soirée "Fiesta Bérurière" réunissant le fleuron de ce rock alternatif. Après une tournée française-belge et suisse de 47 concerts, l'année 86 se termine dans une ambiance d'anarchie sociale à l'image de ce dicton Bérurier figurant sur le Maxi 45t Joyeux Merdier: "C'est dans les moments de grand Merdier qui fleurit la Solidarité". Parallèlement à ces instants d'agitation sort le 45t "l'Empereur Tomato-Ketchup" en hommage au cinéaste japonais Shujï Terayama décédé en 1983. Véritable hymne à la Rébellion, programmé à NRJ (mais hors du Top NRJ) radio à l'écoute de la jeunesse par la force des choses et par intérêt publicitaire, le titre l'Empereur Tomato-Ketchup va rentrer en force dans les foyers et surtout dans les lycées. Quel paradoxe ! Un groupe qui crache sur le système, récupéré par la radio la plus en vogue et une bonne partie du succès des Bérus repose sur ce paradoxe. A la fois les médias ne pouvaient plus ignorer un groupe devenu populaire à force des concerts-combats gagnés à l'arrachée et à la fois ce sont les médias qui ont institutionnalisé en quelque sorte le rock alternatif en en faisant une mode dont les répercutions se font sentir dans les lycées. Le groupe et ses exploits sont suivis de près par les RG et la pression médiatique se fait de plus en plus forte. BN est un phénomène qui intéresse jusqu'aux agences publicitaires qui y consacrent des articles dans la presse spécialisée ! A titre d'info on signalera le Dossier de Presse Officiel 86 ("A bien marrer hier souar") tiré à 500 exemplaires archi-épuisé, 1er recueil important sur le groupe, rédigé, composé par le groupe lui-même.
1987 DROLE DE GREVE. L'année 87 débute par des concerts en Pontoise en banlieue parisienne et surtout à Bayonne dans le fief des basques français indépendantistes surveillé par la gendarmerie locale. Il est clair que la popularité des BN dérange et que malgré la récupération médiatique le rock est "subversif" ! L'émission "Les Enfants du Rock" diffuse "Banlieue Rock" reportage sur l'Usine fermée 9 mois plus tôt. Le spectre des manifs lycéennes plane encore sur ce début d'année. Actuel sort un article important sur le groupe en mars 87 ("Ils trouvent 1000 fans dans chaque bled") et l'événement marquant de l'année sera sans doute le concert au printemps de Bourges à 50 francs le 23 avril 87 où il faut bien le dire le groupe s'est fait arnaquer. C'est d'ailleurs la goutte qui va faire déborder le vase. La pression médiatique, Béru propulsé comme fer de lance et une réalité beaucoup plus terre à terre (faibles cachets de concert, galères de transport dans toutes les tournées, mauvaise bouffe) vont concourir à dégrader les rapports dans le groupe. L'album "Abracadaboum" sort en juin 87 en pleine grève bérurière, "Best" y consacre sa couverture de juillet 87. Un album à l'écoute d'une génération qui a envie que ça bouge. Des textes comme "Et Hop!"ou "Descendons dans la rue" sont assez représentatifs du climat de l'époque. La jeunesse écoute ce qu'elle veut entendre, de "l'Empereur Tomato-Ketchup" en passant par "Vie de Singe, Nuit Apache, Jim-la-Jungle" tout y passe... la société de consommation, l'armée, les Apaches urbains... On peut lire sur la pochette "Attention ce disque est séro-positif. Sida Mental production 87 Bérurier Noir est mort ! Vive Bérurier Noir". En fait c'est le premier disque de la troupe et aussi le dernier. Tous les membres y apparaissent en médaillon posthume: Loran, Fanfan, Bol et Helno, les 2 titis et Masto, le saxo des premières années (83-84) qui a rejoint le groupe. Après six mois de grève de concerts Laul envoie sa lettre de démission du groupe ("Avis à la propulsion") publiée dans le bulletin d'info du groupe nouvellement crée, "le Mouvement de la Jeunesse" (Nº 2/3 oct. 87) et la grande Titi quitte le groupe pour des plus doux horizons après le concert du 29 nov. 87. Une page est tournée et si le Troupeau d'Rock n'est plus, la base musicale du groupe (Fanfan, Loran et Masto) continue fière de sa nouvelle jeunesse. Le MDLJ est là pour témoigner les nouvelles aventures du groupe et pour contrecarrer aux articles de la grande presse nous mijotant à la sauce-maison. Les articles à l'étranger sur le rock alternatif français prennent le relais (Suisse, Italie, Allemagne, Grande Bretagne...), tout le monde s'y met ! On retiendra de cette année 87 le passage télé du groupe à "Décibels" avec les titres "Et Hop!" et "S.O.S", mis en scène par le groupe, tournés et montés en 2 jours, diffusés en Août 87 sur FR3.
1988 L'ANNEE DE TOUS LES DANGERS. Une année qui débute avec l'ouverture de la boutique Bondage inaugurée le 7 décembre dernier auquel le groupe était opposé, préférant un lieu de rencontres plutôt qu'une boutique de collectors. Les tensions avec le label Bondage se font sentir dès la sortie de "Abracadaboum" sur lequel le groupe refuse d'y mettre le logo "Bondage Rec." préférant y mettre son propre logo "Folklore de la Zone Mondiale". Le groupe se pose des questions quant 1a rester sur bondage... mais ça ne reste que des questions. Après quelques concerts le groupe arrive au Top avec le concert au Zénith réunissant 6 800 personnes, explosant les normes de sécurité fixée à 6 600 . Un mega concert avec le groupe basque Kortatu, des graffiteur et ben d'autres associations. Filmé par l'équipe de François Bergeron pour "Vu à la télé", la retransmission du concert entrecoupé d'interviews sera pour les "Enfants du Rock". Un document de 30 minutes en concert diffusé le 16 avril 88 sur A2. Les Bérus invitent pour la cause un magicien et intègrent deux nouveaux membres: Jojo le cracheur de feu et Micky l'heureux-rasien acrobate, déjà présent au concert de la mutu en 86. L'entrée du Zénith pullule de stands politiques, le Scalp, des associations de prisonniers, des groupes libertaires tiennent leur table de presse. Les RG s'intéressent de plus en plus au groupe, ce qui aboutit en avril 88 par l'affaire "Black War". Reprenons les faits: le dimanche 17 avril 88 une bombe artisanale explose devant la porte du président de la chambre régionale des huissiers, rue Tiquetonne. L'attentat est revendiqué par le groupe Black War en protestation contre les expulsions et les saisies. Deux habitants de l'immeuble qui se trouvaient dans la cage de l'escalier sont grièvement blessés suite à cet attentat, la police qui piétine dans son enquête opère une rafle de 24 personnes le 21 avril à l'aube: les personnes interpellées sont souvent d'anciens militants fichés depuis longtemps par les RG et proches du milieu Automne: rédacteurs et membres des journaux "Contre, Reflexes, Nuits Calines, Cavales" et APAD, de l'émission Parloir libre et autres militants proches des squatteurs. Appartements saccagés, perquisitions, récupération de carnets d'adresse, des photos personnelles, des tracts, d'archives, le passage des flics est fracassant. Parmi les interpellés se trouvent deux ou trois membres du service d'ordre Bérurier Noir. La tentation est trop grande, constatant les liens des journaux et militants interpellés avec Bérurier Noir, nombre journalistes en profitent pour donner dans le scandaleux, croyant être tombé sur le scoop de l'année. Le groupe n'est ni plus ni moins assimilé à un groupe terroriste comme la 2ème génération d'Action Directe. Le Dauphiné libéré du 21 avril 88 titre "L'enquête Black War mène au groupe rock Bérurier Noir !" Mais où est donc le groupe BN qui faisait tant couler d'encre. Et bien le groupe est en tournée en Suisse pour 4 dates et c'est par hasard qu’íl apprend la remue ménage venant de Paris. Pour comprendre cet acharnement policier sur le groupe il faut monter au concert du Zénith du 3 mars 88: ce jour là le groupe fait véritablement un carton, une popularité sans concessions. Et c'est ce qui fait peur aux RG. 6 800 personnes graines de rébellion c'en est trop ! Selon des sources précises le groupe apprend que son passage tapageur au Zénith n'a pas laissé inactif les policiers. Le Zénith doit remettre les plans de la salle et la police étudie un plan d'intervention générale si celle-ci devait avoir lieu dans le futur. Imaginez plutôt un concert bourré à craquer et une intervention massive de CRS au sein même de la salle. Bonjour les dégâts, les délires sécuritaires de la Mairie de Paris peuvent donner des frissons dans le dos; il semble bien qu'un rapport soit remonté jusqu'au Ministère de l’intérieur à cette occasion. Mais ce n'est pas fini: le 20 avril, soit 24 heures avant l'affaire Blac War, le groupe se voit décerner le "Bus d'Acier 88" récompense décernée au meilleur groupe de rock 88 par la rock-critique, le groupe fidèle à lui-même refuse le prix et avec une part de provocation se tire avec, le laisse dans la boîte à outil du camion pendant plus d'un an et part en concert en Suisse dans la nuit du 20 au 21 avril 88 pour un concert à Zurich. Une partie des rock-critiques sont scandalisés, c'est la 1ère fois qu'un groupe refuse le "Bus d'Acier". Le lendemain FR3, TF1 e La 5 diffusent la retransmission de la remise du prix, le groupe le refuse devant les caméras et les reportages se terminent ainsi (BN sont-ils de terroristes ?). Assimilation à Action Directe, qualification de terro-rock, rien n'y manque pour tenter de marginaliser et criminaliser le groupe et tout ceux qui le soutiennent. Dès le samedi 23 avril "Baudruche se dégonfle" et l'ensemble des militants interpellés est relâché sans que la moindre ombre de preuve ou d'éléments susceptibles de faire avancer l'enquête sur Black War ait pu être rapporté. Quelques articles et démentis paraîtront alors mais la majorité des grands journaux, faisant-fi de toute honnêteté, passera sous silence l'échec de l'opération policière. En définitive que reste-t-il de tout cela et qu'en déduire ? Il est clair que Black War est une fabrication policière, un coup monté pour mener à bien ses opérations. Ce n'est pas la première fois que les RG trempent dans ce genre d'affaires proprement scandaleuses. Succès réel pour le groupe puisqu'il a réussi son coup d'esbrouffe et est apparu sans faille par rapport au terrorisme : qu'importent les résultats de l'enquête, pourvu que tous aient su que des gens ont été arrêtés, pourvu que tous aient cru que la police avait démantelé Black War. De même, faisant d'une pierre deux coups, le but second de l'opération était de terroriser le circuit du rock et de la presse, tout en permettant aux services de police de refaire leurs fichiers par le biais des photos, carnets et documents saisis. Mais les pressions des R.G. sur le groupe ne se limiteront pas là, pressions au niveau du travail des membres du groupe, cambriolage, intimidations, sans oublier qu'écoutes téléphoniques et ouverture du courrier sont monnaie courantes chez les RG. Malgré tout ce remue-ménage BN continue son bonhomme de chemin avec une tournée française en mai/juin 88. Début juillet, c'est la sortie du maxi 45t "Ils veulent nous tuer" en référence aux mutinés des taules (cf. "Sur les toits"). Quasiment en même temps sort le 45t "Opération Sampan". Un 45t de soutien aux associations de réfugiés indochinois. Un soutien, concrètement pour donner des fonds aux multiples associations et Organisations Non Gouvernementales sur le terrain comme: Handicap International, Enfants du Meköng, Aide à l'Enfance du Vietnam, École sans frontières... pour n'en citer qu'une partie. A cette occasion le groupe édite un Nº Spécial du "Mouv'ment d'la Jeunesse"(Nº5) sur les Boat People et les Land People (ceux qui fuient par la terre). Pour appuyer la diffusion du 45t, tiré à 7000 exemplaires environ, BN décide de tourner une vidéo du titre "Viêt-Nam Laos Cambodge" en Août 88, avec l'équipe de F.Bergeron. Le tournage du clip lui-même sera filmé et monté en un reportage de 25 minutes environ mais ne passera jamais à la télé. En septembre le clip produit par Média Réflexe est prêt et le groupe part au Québec pour une tournée très attendue en octobre. Le 45t de soutien à la revue libertaire "Noir et Rouge" sort lui aussi en octobre. De retour du Québec, Helno quitte définitivement le groupe pour s'investir dans les Négresses Vertes. Et les accrochages entre Bondage Rec. et BN sont de plus en plus fréquents et de plus en plus virulents. Le groupe décide enfin de s'occuper de ses affaires et de mettre son nez dans les comptes de Bondage. L'année 88 se termine par une crise générale au sein du label qui change de gérant. Marsu, manageur/commissaire politique du groupe et propagandiste de Bondage, a le cul entre deux chaises. Le groupe lui fait comprendre qu'il doit choisir l'une ou l'autre (chaise!) et c'est avec soulagement, pour lui et pour le groupe, qu'il choisit le camp Bondage.Article paru sur, avec une vrai fausse information à trouver et à nous http://berurier.x.noir.free.fr/ : Un site consacré aux Bérus.avec une fausse information sous forme de galéjade à trouver et à nous communiquer pour gagner une des premières parution des Editions du Sylve
1989 Des Institutions du Suicide et de la Réparation. En janvier 89 est constituée une nouvelle troupe Béru composée de Fanfan, Loran, Masto, Laul (qui a réintégré le groupe depuis la tournée québécoise), Titi, Jojo, Lulu, Piérot et Tinouche (sonorisateur), Jean-Mi à la boîte a rythme/sampler, Nounours (road de scène), Valoche ou Cathy (costumières), Micky l'acrobate de temps en temps, et surtout Mich'boul, la nouvelle mascotte du groupe, ramené dans les bagages du Québec. Un nouveau manageur, affublé du doux surnom "3615 Mich'boula", dont le mérite sera d'essayer de coordonner les humeurs de tous les caractériels cités plus haut. Au total 13 personnes prêtes pour une dernière tournée française avec un spectacle rodé et plus "professionnel". Bondage repart en 89 avec plein de promesses pour le groupe. Depuis les premiers accrochages, l'équipe BN a un avocat qui entend bien exprimer haut et fort les désirs du groupe. L'un des premiers est d'avoir un contrat avec le label. En effet depuis 7 ans, le groupe n'a jamais eu de contrats avec Bondage et s'est fait par la confiance réciproque et par contrat moral jusqu'au jour où bondage, en guise de contrat, propose un contrat type de chez Virgin au groupe. Pour un label "alternatif" ils ont fait très fort ! C'est le déclenchement du conflit, le groupe décide de quitter le label avec ses bandes (payées par ses propres royalties) mais le label se déclare propriétaire des matrices et ne veut rien entendre. Afin de récupérer les droits de propriété, BN fait un procès à Bondage Rec., qui va durer de juin à novembre 89 et aboutir à une médiation (un arrengement) entre les deux parties. Le disque "Souvent fauché, toujours marteau", dont le titre est de circonstance, sort en octobre sur bondage qui a avancé le studio. miné par une expérience sur le fil de rasoir pendant 7 ans, le groupe prend la décision d'arrêter en pleine apothéose. Laul, entre temps, a requitté BN le 20 mai 89. Après une seconde tournée au Québec en novembre, c'est l'Olympia pendant 3 jours (9/10/11 novembre); 3 concerts de folie, filmés encore une fois par l'équipe de F.Bergeron, et sortis en vidéo chez Virgin (Forum Distribution) en avril 91, soit un an et demi après la fin du groupe. "Viva Bertaga", titre emprunté à un polar de San Antonio, reste un véritable document/testament de ce suicide final et total. L'histoire des Bérus a été una grande aventure, certes chaotique, mais sincère et vécue à 100%. Au délà des conflits des personnes et de label, chacun a participé à sa manière à cette aventure unique et positive pour un groupe désormais mythique, qui a fait rêver, fait encore rêver et fera rêver toute une partie de la jeunesse. Ce CD lui rend hommage. Qu'elle garde l'espoir !






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vendredi 27 décembre 2013 08:43 , dans Zique and Roll


Bonjour camarade

Blog de sylvainlemomo :Domaine des Territoires du Tsiou de L'Aoûta., Bonjour camarade

 

                             Sauvons les morts. Ils font l’Histoire tandis que les voyeurs et les marchands en aplanissent le relief. Que deux humains s’approchent, il restera toujours la question fondamentale du pouvoir :qui tient la laisse. Le savoir est mortel.
Au début je crois que ça allait. À l’époque des anciens bâtiments qui respiraient par les fenêtres éclairées promettant de la chaleur en cette nuit prématurée d’une fin d’après-midi d’hiver. Je rentrais à la maison par les rues de la banlieue en cette époque de fièvre d’avant fêtes. Elle se propageait en l’ancienne ville comme un conte. J’ai quelquefois la faiblesse du désir de retrouver cette émotion.
Aujourd’hui j’admire une jeunesse au comptoir qui complote l’évolution, ornant l’antéchrist d’aventure. Dehors un homme déménage au quotidien sa vie dans un sachet de plastique. Sûrement quelque part une femme s’évanouit de beauté sur un banc de musée. Le doute est une espèce à protéger tant la certitude tend à museler les éclats de nos cœurs. Les héros courent les rues, se sermonnant sans cesse, flanqués de la camisole des morales puisées aux rêves tolérés pour le label démocratique. Les étudiants ont l’ambition laborieuse. Les sages tergiversent autour de l’aberration. Les minots parent les murs de leur nom, assoiffés au désert grandissant entre string et foulard.
Des rafales de poésie râpée irritent le chômeur suspect qui va décortiquant l’asphalte. Fatigué. Fatigué à l’excès. L’excès que déguste au comptoir des mémoires la jeunesse qui trinque et console.
Quand et comment suis-je devenu cet enfant malade des autres? Je navigue entre les instantanés présents et passés. Un bel arbre à la télé derrière un quelconque interviewé. La sirène de vingt ans au pouvoir du silence s’éparpillant avec l’écume en décor. Les cheveux hystériques et les bras s’agitant à la proue. Je ressentais dans son dos le lourd soleil qui crucifiait Duras sur les quais des ports blancs. Je me veux chevalier acculé par les moulins de mes principes, éborgné de terreur et creusant la terre sans pitié pour la chair de mes mains. Tendu en autruche entre pudeur et couardise. Le malaise en valise, Sainte Rita à mon bras, j’esquisse un pas, écris un mot, agonisant toujours.
Pourtant en ma citadelle de verre, j’ai parfois des remontées d’une sueur sous un sein, de lèvres si proches qu’elles étaient paysage. J’ai une vie totalement ordinaire. La mienne. J’ai un travail salarié.
J’écoute France Inter où je capte des phrases parmi le ronron des mensonges. « Il y a toujours un cheval qui pleure à dix-neuf heures ». On pourrait me croire piégé. Je suis un déserteur de la lutte. Voilà ce que je suis. À l’abri du chagrin mais coupable. De cette culpabilité définitive endossée pour le reste du temps qui m’est imparti.
Le vent joue aux arbres à pochons, me tire les larmes et faiblit. Toujours vainqueur, me mens-je dans la rue effervescente. En fait j’ai basculé chez les méchants. Donc j’écris tout. Les commissions comme le reste. L’urgence du nourrisson tâtonnant après la source n’est pour moi plus qu’un mythe. Mes sourires me font grincer les os et mes mots sont si vains que tus.

Il m’a dit bonjour camarade. Je l’ai laissé sans réponse, marchandise entre deux rayons. Je gênais. J’ai replongé dans mon tunnel et fui le magasin. J’ai pu sauver le minimum, bière, pâtes et café. Je vois dans les regards la noirceur du mien. Engangué dans une peur de millénaire. C’est un ex-collègue avec lequel je suis fâché pour des raisons sociales. Il cherchait certainement à effacer ce passé dommage. Il ne pouvait pas imaginer que j’étais si loin derrière ma peur et ma haine incurables de soldat égaré au-delà des lignes ennemies. Une ombre glisse de temps à autre aux abords de mon champ de vision. C’est ma moitié, la secrète épouse, ni blanche ni noire, pas plus haïe qu’aimée.
Mais là. Jusqu’au bout du chemin. Froid de la pierre, chaleur de bois. Un chemin balisé de catastrophes certaines, un crane sous la peau, de bonheurs éventuels et mérités, sueur d’effort, petit verre de rhum. Un champ fleuri de coquelicots, la voie lactée en baldaquin, rien ne pourra désormais désamorcer la bombe que je suis devenu. Ma mission, si je l’accepte, consistera donc à l’isoler. Par charité. J’aurais pu tuer un social-démocrate et apporter ma pierre à l’Histoire.


Feu Renard

 

mardi 24 décembre 2013 15:59


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